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Lancement des missiles intercontinentaux par la Corée du Nord

Bouclier antimissile américain THAAD déployé en Corée du Sud

 

Les Etats-Unis ont commencé aujourd’hui le 6 mars 2017 le déploiement du système de défense antimissile (THAAD – Terminal High Altitude Aera Defense). Deux batteries antimissiles sont déjà arrivées sur le sol sud-coréen. L’action américaine faisant partie de l’accord avec Séoul vise à contrer l’éventuelle attaque nucléaire de la Corée du Nord. Toutefois, pour Antoine Bondaz, spécialiste au Centre de recherches internationales (Ceri) de Sciences-Po sur les questions stratégiques en Asie de l’Est, interviewé dans le journal Libération, le bouclier américain ne devrait être opérationnel et efficace qu’à partir de mai 2017 après l’installation d’autres équipements de guidage et logistiques, notamment le système de radar de détection.

Le commandant du US Pacific, l’amiral Harry Harris : « Les poursuites des actions provocatrices de la Corée du Nord, incluant le lancement hier de plusieurs missiles, confirment la prudence de notre décision prise l’an dernier de déployer Thaad en Corée du Sud. »

Tokyo et Washington ont demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies qui se tiendra mercredi 8 mars 2017. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres : « De telles actions violent les résolutions du Conseil de sécurité et sapent gravement la paix et la stabilité régionale. »

La Chine, qui voit un mauvais œil l’installation du THAAD à ses portes, promet des représailles contre Séoul : annulation des tournées des artistes sud-coréens, rétorsion économique, fermeture de deux dizaines de supermarchés Lotte…

Les tensions dans la péninsule coréenne vient de franchir un palier.

 


 

Les missiles de la Corée du Nord

La Corée du Nord aurait plus de 1 000 missiles de capacités variées, dont des missiles à longue portée, qui pourraient atteindre les États-Unis.

Le programme de Pyongyang a progressé au cours des dernières décennies, depuis les roquettes d’artillerie tactique des années 60 et 70 jusqu’aux missiles balistiques à courte et moyenne portée dans les années 80 et 90. Les autres systèmes capables de grande distance et de précision, selon les spécialistes d’armement occidentaux  ne sont pas encore pleinement opérationnels. Et ce malgré que la Corée du Nord a annoncé qu’elle développe des missiles de portée intercontinentale

Les missiles et leurs rayons d’action :

Courte portée: 1 000 km ou moins
Moyenne gamme: 1 000-3 000 km
Plage intermédiaire: 3 000-5 500 km
Intercontinental: plus de 5 500 km

Missiles à courte portée :

Le programme de missiles modernes de la Corée du Nord a commencé avec Scuds, dont le premier lot aurait été envoyé par l’Égypte en 1976.

En 1984, il construisait ses propres versions appelées Hwasongs. Ces missiles à courte portée pourraient cibler la Corée du Sud. Les Hwasong-5 et Hwasong-6, connu sous le nom de Scud-B et C, ont des rayons  respectifs de 300 km et 500 km pouvant porter des charges conventionnels mais aussi biologiques, chimiques et nucléaires. Ces deux missiles ont été testés et déployés, et le Hwasong-6 a également été vendu à l’Iran.

Missiles de moyenne portée :

La Corée du Nord a ensuite lancé un programme à la fin des années 1980 pour construire un nouveau missile à moyenne portée, le Nodong, avec une portée d’environ 1 000 km. Le missile est basé sur la conception Scud, mais est 50% plus grand et possède un moteur plus puissant. Les spécialistes les considèrent qu’ils peuvent frapper la Corée du Sud et une partie du Japon. Pyongyang a ajouté qu’une variante annoncée en octobre 2010 pouvant atteindre le rayon de 1.600 km, ce qui signifie qu’il pourrait frapper les bases américaines d’Okinawa.

Missiles de portée intermédiaire :

La Corée du Nord développe des missiles Musudan depuis plusieurs années et, plus récemment, elle a effectué plusieurs essais en 2016. Les estimations diffèrent considérablement sur sa portée, les services de renseignements israéliens le situant à 2 500 km et les Etats-Unis évaluant environ 3 200 km. D’autres sources ont mis leur limite supérieure à 4 000 km. Des variantes de version Musudan, également connu sous le nom de Nodong-B ou le Taepodong-X, pourraient aussi frapper l’ensemble de la Corée du Sud et le Japon.

La zone inférieure du Musudan, également connu sous le nom de Nodong-B ou le Taepodong-X, lui permettra de frapper l’ensemble de la Corée du Sud, le Japon et les bases militaires américaines sur Guam.

En outre, la Corée du Nord dit ayant testé un «missile balistique de surface à surface à longue portée», le Pukguksong, en août 2016, tiré d’un sous-marin. Un seconde a été lancé en février 2017. Pyongyang a déclaré utiliser du combustible solide, ce qui le rend plus rapide à déployer et à lancer. Les détails de sa gamme ne sont pas encore connus.

Les missiles multi-étages :

Le Taepodong-1 — connu sous le nom de Paektusan-1 en Corée du Nord — fut le premier missile multi-étages du pays, testé en 1998 comme lanceur spatial. Il a été suivi par le Taepodong-2 — ou Paektusan-2 — aussi un missile balistique de deux à trois étages, mais beaucoup plus fiables. Il a été testé à plusieurs reprises au cours de la dernière décennie. Sa portée est estimée entre 5 000 et 15 000 km et a lancé avec succès un satellite en 2016. Celui-ci pourrait atteindre l’Australie et une partie des territoires américains.

Missiles balistiques intercontinentaux :

Les spécialistes pensent que la Pyongyang développer actuellement des missiles de plus longue portée et mobiles. Ils l’ont baptisée KN-08 ou Hwasong-13. Le Pentagone américain croit que la Corée du Nord a au moins six KN-08 en sa possession, ce qui pourrait être capable d’atteindre une grande partie des États-Unis. La Corée du Nord aurait également développé une version améliorée appelée KN-14. Aucun des deux missiles n’a été testé publiquement avant.

 

Par Vo Trung Dung

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